14/09/2005

Edito

Du 7 au 13 février 2005

Toujours plus vivante, imaginative, diverse, la littérature africaine ! Et d’autant plus nécessaire, pensons-nous, le grand rendez-vous d’Etonnants Voyageurs Bamako, qui accueille cette année bien des nouveaux talents. Cinq années déjà ! Et quelle évolution, en si peu d’années, malgré les difficultés sans nom ! Le prix Renaudot de Kourouma, l’énorme succès de librairie du Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome ont montré que des barrières enfin vacillaient, que la littérature africaine, comme celle des Caraïbes, venait occuper le devant de la scène, imposait des voix neuves, secouait heureusement un roman français quelque peu assoupi. Le très grand succès de la dernière édition d’Etonnants Voyageurs de Saint-Malo consacré aux littératures de la Caraïbe, après le succès de l’édition 2002 consacrée à l’Afrique, a spectaculairement démontré cette richesse nouvelle, en prise sur son temps. Reste à le faire mieux savoir encore, à favoriser échanges et débats — ce à quoi nous nous attachons depuis le début.

Ce festival, nous l’avons tous voulu le plus largement ouvert à toutes les expressions littéraires africaines. Cette année, il prend véritablement des allures de carrefour de toutes les écritures. Littéraires, avec une large place faite à la poésie, à toutes les formes d’expressions poétiques, orales, écrites, jusqu’au slam qui conjugue aujourd’hui l’extrême modernité et la puissance d’impact de l’oralité. Cinématographiques, avec la 2e édition d’Etonnants Scénarios qui prolonge le travail amorcé — et démontre que ce travail ne fut pas vain puisque nous voyons des projets, nés ici, en cours d’aboutissement. Théâtrales, avec pour la première fois la venue de la Maison des auteurs des Francophonies en Limousin, pour deux lectures de pièces de théâtre, premier pas d’une collaboration que nous espérons suivie de beaucoup d’autres !

Ouvert sur le monde, et enraciné dans la réalité malienne. Cette année encore, le festival débutera par des manifestations à Mopti, Ségou, Tombouctou, Kayes, Koulikoro, Kidal, Kita, Sikasso, Gao, avant que les écrivains se retrouvent à Bamako, où, parallèlement aux rencontres au Palais de la Culture et au Centre Culturel français, les attendent un gros programme d’animations et de rencontres dans les lycées de la ville, à l’Ecole Normale, à l’Université — sans parler des stages de formation au conte, à l’animation, à la BD qui s’augmenteront cette année d’un atelier de slam.

Enfin, ce festival n’existerait pas sans la mobilisation et le dévouement de tous, ministère français des Affaires étrangères, ministère français de la Culture et de la Communication, services de Coopération française au Mali, AFLAM, Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF), ministère de la Culture au Mali, mais aussi multiples bénévoles : qu’ils en soient tous ici remerciés. Avec un très grand merci aux Centres E.Leclerc, partenaires de longue date du festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo, qui se sont associés à notre démarche par une décision spectaculaire : la fourniture, sur une liste établie en concertation avec la direction de l’association Etonnants Voyageurs Afrique, de plusieurs milliers de livres aux bibliothèques publiques – action qui se poursuivra dans les années à venir. Chaque livre est comme une porte, ouverte sur le monde : donner à lire et à rêver, ouvrir les esprits et les cœurs, qui sait, éveiller des vocations, est-il de plus beau projet ?

Moussa KONATÉ et Michel LE BRIS
Co-directeurs du festival

Les invités 2005

Edito

Du 23 au 29 février 2004

En trois éditions, Etonnants Voyageurs Bamako, né en 2001, s’est imposé comme le premier grand festival littéraire africain, rendez-vous déjà incontournable des écrivains de l’Afrique francophone. Et cela, malgré les difficultés innombrables – notamment financières ! – mais grâce à la mobilisation et au dévouement de tous. Avec la volonté d’accompagner, de mettre en valeur, d’encourager l’effervescence créatrice que nous pouvons constater de toutes parts : la littérature africaine est plus vivante que jamais, inventive, ouverte sur le monde, en prise sur la modernité. Reste à le faire largement savoir, à favoriser échanges et débats — ce à quoi nous nous attachons depuis le début.

Un festival enraciné dans la réalité malienne, jouant au mieux son rôle d’incitation à la lecture, se prolongeant en des actions de développement — n’oublions pas que le pays qui l’héberge est un des plus pauvres de la planète et dont le taux de scolarisation n’atteint pas encore 50% ! Développer l’usage du livre, l’imposer dans les cultures africaines est bien un acte de développement. Et nos partenaires institutionnels ne s’y sont pas trompés, eux dont l’appui constant a permis à la manifestation d’exister et de se développer : le ministère français des Affaires étrangères, le ministère français de la Culture et de la Communication, le service de Coopération française au Mali, l’AFLAM, le ministère de la Culture du Mali.

C’est dans cet esprit, avec cette volonté constante que nous avons développé un peu plus chaque année nos actions dans les villes du Mali : cette année le festival débutera par des manifestations à Mopti, Ségou, Tombouctou, Kayes, Koulikouro, Kita, Sikasso, Gao, avant que la totalité des écrivains se retrouvent à Bamako où, parallèlement aux rencontres toujours passionnantes dans les jardins du Palais de la Culture et au Centre Culturel Français les attend un important programme d’animations et de rencontres dans les lycées de la ville ainsi qu’à l’Ecole Normale — sans parler des traditionnels stages de formation au conte et à l’illustration. Une nouveauté, également : nous ouvrirons cette année en ouvrant la porte à deux langues partenaires du français qui sont, en Afrique, des langues d’intercommunication : le peul et le bambara.

Un festival enraciné, et un festival d’ouverture des esprits sur le monde d’aujourd’hui. Tous les auteurs présents insistent sur cette nécessité d’un festival international. Le besoin est vif, pour tous les écrivains de l’Afrique francophone de se rencontrer, d’échanger idées et expériences. Mais ils expriment pareillement le besoin de rencontrer des écrivains de l’Afrique anglophone et lusophone, d’échanger avec eux idées et expériences. Et, par-dessus tout, de rencontrer sur le terrain, en Afrique, des écrivains de France et du reste du monde. Rien ne serait pire que de s’enfermer dans une « africanité » qui ignorerait le dialogue nécessaire avec le reste du monde !

Nous essayons dans la mesure de nos moyens de répondre à toutes ces attentes. Et cette aventure du festival de Bamako est pour tous ceux qui y participent d’autant plus remarquable, et excitante, qu’elle résulte de la conjugaison de la volonté de femmes et d’hommes de cultures et d’origines différentes.

Moussa Konaté, directeur d’Etonnants Voyageurs Bamako
Michel Le Bris, président d’Etonnants Voyageurs France

Les invités 2004

Edito

Du 3 au 10 février 2003 

Ce fut une belle année. A Bamako d’abord, à Kita, Koulikoro et Mopti, en février 2002, pour des rencontres passionnées, et passionnantes, qui toutes témoignaient de la vitalité de la littérature africaine, et comme elle est de plain-pied dans la modernité, avide d’échanges, de contacts, de débats. Il nous semble, malgré les difficultés, que le pari fut tenu. Comme fut tenu cet autre pari : de choisir « les littératures d’Afrique » comme thème de notre festival annuel à Saint-Malo – et c’est ainsi que les auteurs africains, pour l’essentiel déjà présents au Mali, se sont retrouvés au cœur d’un rassemblement d’écrivains venus du monde entier (240 au total !).Des milliers de visiteurs, les stands des librairies pris d’assaut, d’innombrables débats : l’impact médiatique a été considérable, générant portrais, entretiens, dossiers dans pratiquement tous les grands médias nationaux : près de 1200 articles rédigés, au total ! Et la littérature africaine, enfin, à la une de l’actualité.
Cette troisième année, nous l’espérons tout aussi fructueuse, nouvelle étape de développement d’un véritable festival international du livre en Afrique. L’installation d’une équipe permanente à Bamako témoigne de cette évolution, voulue dès le départ. Comme en témoigne notre souci d’être un outil pour la politique du livre au Mali : rencontre dans les lycées et à l’Ecole Normale Supérieure, actions décentralisées, en ouverture du festival, à Kayes, Kita, Koulikoro, Mopti, Ségou, Tombouctou, poursuite des stages de formation. Et puis, une nouveauté, que nous pensons de première importance pour la vitalité de la littérature africaine : des ateliers de formation au métier de scénariste, en partenariat avec Initiative Film que nous avons bon espoir de voir se développer dans les années à venir.
À l’instant de débuter cette 3e édition, nous voudrions simplement vous dire merci : merci à tous nos partenaires, sans lesquels rien n’aurait été possible, merci aux écrivains présents pour tout ce qu’ils nous apportent d’espérance en une Afrique vivante, et merci au merveilleux public, si constamment présent.
À tous, bon festival !

Moussa Konaté
Directeur d’Etonnants Voyageurs Afrique

Michel Le Bris
Directeur d’Etonnants Voyageurs

Les invités 2003